Déresponsabilisation des parents

Partout, tout le temps, on renvoit aux parents qu’ils sont des novices qui n’y connaissent rien.

Dès la salle de naissance, tout le monde nous noie de conseils: les professionnel.les du soin, la famille, les ami.es, les inconnu.es, les coachs, les expert.es auto-proclamé.es…

Certes, nous avons à apprendre le fonctionnement du bébé, à nous adapter à lui, et à la naissance du 1er enfant nous sommes assailli.es de 1001 questions, et c’est bien normal.

Mais plutôt que de partir du postulat que les parents ne savent pas, je pense qu’il est crucial de les laisser poser leurs questions, exprimer leurs difficultés pour y répondre, plutôt que de les inonder de conseils non-sollicités, afin de préserver leur confiance en eux, en leur capacité d’élever leur enfant. Les laisser être acteurs de leur parentalité, et si besoin, les accompagner.          

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Tout commence dès la salle de naissance où l’on fait croire aux femmes qu’elles ont besoin d’assistance pour mettre leur bébé au monde, alors que de récentes études ont prouvé qu’il était plus sécuritaire d’accoucher chez soi plutôt qu’à l’hôpital en cas de grossesse normale (les grossesses à risque ont bien évidemment besoin d’un suivi médical, encore faut-il que le risque soi réel). En France, les accouchements sont surmédicalisés, et cela conduit à des complications qui auraient pu être évitées en respectant la physiologie de la naissance. Les violences obstétricales et gynécologiques sont légions, et la femme se retrouve dépossédée de son corps: immobilisée, manipulée, submergées d’ordres, d’actes médicaux non consentis… Elle croit vivre une expérience dangereuse dont la médecine la sauverait, elle et son bébé, quand au contraire chaque acte médical augmente le risque d’en entraîner un autre.

S’en suivent les suites de couches, où plutôt que de bénéficier du repos dont elle a besoin pour se remettre de cette épreuve physique et découvrir tranquillement son bébé, la nouvelle accouchée et son/sa conjoint.e vont vivre un enchaînement de cours pour parents accélérés, comme s’il n’y avait qu’une façon de faire (alors que le discours varie d’un.e professionnel.le à l’autre). Et si l’absence de ces conseils laissait le temps de s’apprivoiser en douceur, pour adopter le fonctionnement qui conviendrait le mieux à cette famille venant d’éclore ? Il y a toujours possibilité de demander conseil en cas de difficulté ou interrogation.

Puis les rendez-vous chez le/la pédiatre sont une nouvelle occasion de s’entendre dire quoi faire. Or le/la médecin n’a pas pour vocation de nous dire comment nous occuper de notre bébé. Son travail est de soigner, et vérifier si l’enfant se développe normalement. Il n’est de base pas formé à l’allaitement, la nutrition, l’éducation. Tous les conseils en ce sens relèvent de la conviction personnelle. Or comme tout professionnel de santé, il/elle est sensé.e respecter nos décisions et nous accompagner dans nos choix.

En cas de question sur l’allaitement, contactez une consultante en lactation certifiée IBCLC. Renseignez-vous sur la DME, même si votre médecin n’est pas adepte. Lisez des livres consacrés au développement de l’enfant pour façonner votre parentalité et vos choix éducatifs (au hasard: un livre de Catherine GUEGUEN , pédiatre qui a vulgarisé les dernières connaissances en neurosciences au sujet du fonctionnement du cerveau du jeune enfant), ou faites-vous accompagner par des personnes formées à ce sujet. Puis faites vos choix en toute conscience.

L’entourage voudra aussi apporter sa pierre à l’édifice en donnant des conseils, parfois dépassés, parfois ne correspondant pas au fonctionnement de l’enfant, par méconnaissance ou simplement parce qu’un enfant n’est pas un autre, et que ce qui convient à l’un ne convient pas forcément à tous (et ceux au sein d’une même fratrie)… Les parents ne sont experts que de leurs propres enfants, et avoir élevé des enfants n’est pas une garantie d’une parentalité sans erreur. Faire différemment ne veut pas dire désapprouver leurs choix, ça veut simplement dire choisir de faire autrement, ce qui nous convient le mieux à nous et notre enfant.

Pour l’anecdote on m’a reproché de présenter un faux-choix à ma fille alors que je lui demandais simplement quel manteau elle voulait. Elle en a 2, et lorsque j’en prends un elle veut l’autre, donc je lui demande juste lequel elle veut. Si elle ne veut pas le mettre je le porte et puis c’est tout, il n’y a aucune manipulation derrière. Par contre je me demande quelle est la volonté de l’ami qui nous fait remarquer que l’on fait « mal ». Ou du passant. Comme si notre vie devenait publique dès lors que l’on devenait parent, et que le 1er venu était autorisé à faire des remarques ou prodiguer des conseils.

Sur les réseaux, on trouve de nombreux experts autoproclamés. Même situation que précédemment: être parent ne rend pas expert en parentalité, avoir pratiqué la DME ne nous confère pas un diplôme d’orthophoniste, être à l’écoute d’autrui ne fait pas de nous un psy.

Lorsque l’on parle de rendre l’école obligatoire comme le souhaite Mr Macron, on place l’institution avant les parents. Comme s’ils étaient incapable d’élever « correctement » (c’est subjectif) leurs enfants. Comme si l’école, le travail, la société était au centre de nos vies. Or la vie, nous la vivons d’abord pour nous-même. En outre, supprimer la liberté d’instruire ses enfants, supprimer à l’individu la liberté de pouvoir choisir de mener la vie qu’il désire, pour lui et ses enfants, ne permettrait pas de lutter contre les séparatismes comme tend à le penser notre Président, car l’être humain lutte toujours contre ce à quoi il est forcé. D’ailleurs les attentats qui nous touchent actuellement ont tous été commis par des terroristes ayant été scolarisés, démontrant bien que l’école ne permet pas d’identifier efficacement les individus radicalisés, ni les enfants victimes de maltraitance. En revanche, ce sont 700.000 enfants chaque année qui sont victimes de harcèlement scolaire sans qu’une réponse efficace ne soit apportée… Pour eux il est essentiel de préserver cette solution de secours. Nous sommes tous concernés.

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